Quelques seigneurs
Un peu d'Histoire...
Quelques seigneurs
Le château
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Aux environs
Guillaume des Ages est probablement né aux environs de 1370. Fils aîné de Gilbert des Ages, seigneur de Maussat en Bourbonnais, et de Marguerite Le Groing, il accompagne son père dans les troupes du duc de Bourbon lors de la campagne de Bretagne, en 1392. Il épouse, avant 1409, Louise de La Pierre, probablement fille d’un proche de Louis II de Bourbon, dont il aura au moins quatre enfants : Guillaume II, Noé, Jean et Blanche des Ages. En 1412, il acquiert (ou reçoit) l’importante seigneurie de Quinssaines, située près de Montluçon, et qu’il devra revendre en 1414, pour des raisons inconnues. On retrouve ensuite Guillaume qualifié de chevalier dans une vente de 1413 pour laquelle il se porte caution. L’année suivante, il assiste avec son frère Hélion au mariage de Péronnelle de La Palice avec Henri de Montaigu Le Blain. En 1416, il fait une donation, de concert avec sa femme, à l’église d’Archignat pour la célébration d’une messe hebdomadaire à perpétuité. De 1416 à 1418, un Guillaume des Ages, chambellan du roi, est capitaine du château de Peyrepertuse (dans l’Aude). Il s’agit probablement de lui. A son retour, il est nommé grand bailli de Combrailles par le duc de Bourbon, charge qu’il exerce de 1419 à 1426. Il devait assurer à ce titre le fonctionnement militaire et la défense de cette région. En 1421, il est en campagne en Guyenne sous le commandement de Charles de Bourbon, et assure la garde de la ville et du château de Domme (en Périgord ?). Il assiste enfin, en compagnie de son frère Hélion, à la rédaction du contrat de mariage du fils du duc de Bourbon avec Jeanne Dauphine d’Auvergne, et s’éteint vers 1427, laissant le Mont à son fils aîné Guillaume des Ages, second du nom.

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Georges de La Châtre, seigneur de Breuillebaud, Fontancier, Tercillat, le Mont et autres lieux, entra en possession de la seigneurie du Mont après la mort de son oncle Guillaume II des Ages, vers 1460. La famille de La Châtre était d’ascendance illustre, puisqu’elle était issue des princes de Déols et de Châteauroux, et avait pour cri de guerre : « A l’attrait des bons chevaliers ! ». Georges de La Châtre avait épousé en 1448 Jacqueline, fille d’Hélion de Barbançois, seigneur de Sarzay. Le 15 juin 1452, Philippe de La Châtre, père de Georges, résigna sa charge de grand fauconnier de France au profit de son fils, au revenu annuel de 800 livres. Georges de La Châtre exerça cette fonction prestigieuse pendant 15 ans, jusqu’en 1468. C’est donc tout nouvellement intronisé dans cette fonction qu’il assista, en décembre 1453, à la rédaction du contrat de mariage de son beau-frère Jean de Barbançois, avec quatre autres seigneurs, dont Guy de Chauvigny, seigneur de Châteauroux. Il voyagea en Guyenne l’année suivante, et on le retrouve quelques temps plus tard à Poitiers pour un procès contre Louis de Sorbiers. Georges de La Châtre, qui paraît avoir été assez procédurier, est par la suite en procès contre son neveu au sujet de l’héritage de son père. En 1479, il vend à Jean et Antoine Amartin, du Poirier, plusieurs parcelles de terre contre 3 sous d’argent, 1 poule et 4 boisseaux d’avoine par an. Six ans plus tard, il vend un pré à Denis Duret, du Seignant. On le retrouve enfin en 1495, date à laquelle il affranchit un serf de sa seigneurie de Tercillat, moyennant 15 livres et 2 deniers tournois chaque année. Sentant sa fin proche, il légitima son fils bâtard Antoine en 1499, et mourut quelques mois plus tard, lui léguant les seigneuries de Tercillat et du Mont.

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Claude de La Châtre, seigneur du Mont, avait reçu la seigneurie à la mort d’Antoine de La Châtre, vers 1527, lequel était peut-être son père, bien qu’on n’en soit pas certain. Il perdit la vie en 1529 alors qu’il était jeune encore, suite à un conflit familial qu’il est intéressant de rapporter, celui-ci étant une bonne illustration des mentalités de l’époque. L’ « anecdote » nous est connue par un document de 1530, conservé aux Archives de l’Indre dans le chartrier de la seigneurie de Pouligny-Notre-Dame.
Un jour de 1529, un homme serf de la dame des Ternes, mère de Gaspard de Vignolles, seigneur de Pouligny-Notre-Dame, passant dans un petit bois, recueillit et amassa « quelque peu de glands dudit bois étant tombés par terre ». Il fut pris par un serviteur du seigneur du Sou, auquel appartenait le bois, et sévèrement battu, au point qu’il dut demeurer « au lit malade un mois ou cinq semaines » dans un état très grave. Le seigneur de Pouligny, mis au courant, rencontra à Sainte-Sévère le coupable en compagnie de Claude de La Châtre, seigneur du Mont, lequel se trouvait être neveu du seigneur du Sou. Il échangèrent à cette occasion des paroles assez violentes, le seigneur de Pouligny saisissant même le coupable par la barbe. La situation ne fit que s’envenimer par la suite, le seigneur du Sou soutenant son serviteur pour avoir frappé le serf, et insultant le frère du seigneur de Pouligny à La Châtre. Un jour que Gaspard de Vignolles, s’était rendu au marché de Sainte-Sévère « pour acheter des draps pour faire des habits à ses serviteurs », il rencontra « en passant par la rue de laditte ville », Claude de La Châtre. Il le prit à part, et tous deux montèrent vers le pilori de la ville pour discuter. Gaspard de Vignolles exposa au seigneur du Mont les motifs de sa colère contre le seigneur du Sou, qui « ne se montrait pas homme de bien » en soutenant son serviteur coupable, alors que Gaspard de Vignolles et lui était « proches parents ». A la grande colère du seigneur de Pouligny, Claude de la Châtre soutint son oncle le seigneur du Sou, disant qu’il avait raison de soutenir la querelle de son serviteur. Alors que le seigneur de Pouligny, après avoir prononcé quelques paroles menaçantes, s’apprêtait à partir, Claude de La Châtre le rattrapa, et, disant qu’il ne regretterait rien, mit la main à la poignée de son épée. Gaspard de Vignolles, « qui est gentilhomme ne voulant pas être outragé », mis à son tour la main à l’épée. Les deux hommes dégainèrent et « ruèrent plusieurs coups tant d’estoc que de taille ». Le seigneur de Pouligny blessa mortellement Claude de La Châtre à l’estomac, de telle manière que le seigneur du Mont « alla de vie à trépas » peu de temps après. Gaspard de Vignolles, alors âgé d’environ 25 ans, « redoutant rigueur de justice », s’enfuit à l’étranger pendant un an, avant d’obtenir une lettre de rémission du roi François Ier, lui pardonnant ce meurtre.

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Sylvain de Bridiers, écuyer, seigneur du Mont, des Combes, de l’Etang, de Nouzerines et de Lavaupilière en partie, était fils de Jean de Bridiers, seigneur de L’Age près de Nouzerines, et de Jeanne de L’Etang, et avait un frère aîné, Jean de Bridiers, seigneur de Thinay. La famille marchoise de Bridiers tirait ses origines de la vicomté du même nom, située près de La Souterraine. Sylvain résidait toujours chez son père, à L’Age, lorsqu’il acquit la première moitié de la seigneurie du Mont, en 1634. Il épousa deux ans plus tard Anne de La Varo, et ayant racheté l’autre moitié du Mont vint d’y établir en 1639. C’est très probablement lui qui entreprit l’important réaménagement du château, qu’il adapta aux exigences du XVIIe siècle. Le 21 juin 1641, il fit hommage de sa partie de la seigneurie de Lavaupilière, qu’il renouvella en 1652. Il résidait à ces deux dates au Mont, de même qu’en 1656. C’est la dernière mention que l’on a de lui, et il mourut probablement peu après, laissant quatre enfants de son mariage. C’est l’aîné, Louis de Bridiers, seigneur du Mas-Sarrazin, qui hérita du Mont et vint à son tour s’y installer. Il continua d’ailleurs peut-être les travaux sur le château qu’avait entrepris son père.

lechateaudumont
11/04/05