Aux environs
Un peu d'Histoire...
Quelques seigneurs
Le château
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Aux environs
Le moulin à blé du Mont, partiellement détruit pour faire passer la route de Belfat à La Croix des Ternes dans la seconde moitié du XXe siècle, est mentionné dès 1501 comme faisant partie de la seigneurie du Mont. Le moulin était alors banal, et certains habitants des villages environnants étaient à ce titre tenus d’y venir moudre leur grain. Les revenus du moulin semblent cependant avoir régulièrement diminués, passant d’environ 2000 litres de blé en 1518 à environ 1300 en 1637, et à environ 900 litres en 1699. Ces revenus devaient être devenus assez insignifiants pour que les seigneurs du Mont y renoncent partiellement sous la pression du seigneur de Sainte-Sévère en 1763.
Les vestiges actuels, en bord de route, sont de deux époques différentes : le pignon comportant un four à pain, d’ailleurs encore bien conservé, est la partie la plus ancienne, et date probablement du XVe siècle. On peut la rapprocher, quant au type de construction, de certaines parties du château. Ce bâtiment mesurait à l’origine environ 3,5m sur 10m. Les vestiges du seconde bâtiment sont moins anciens (XVIIe siècle ?), et abritaient le mécanisme de la meule (celle-ci était en pierre de Champillet, et mesurait environ 9 pouces d’épaisseur en 1803). L’eau était prise 300m en amont de la rivière, et conduite par un bief jusqu’à une hauteur de 3m au dessus de la roue.

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Le manoir de Lavaupilière (dont le nom serait issu de vulpecula, et désignerait une « goupillière », c’est-à-dire un lieu à renards), situé à environ 1,5 km du Mont, a conservé de son ancienne structure une imposante tour ronde (XVe siècle – début XVIe ?)), comportant un étage, et flanquant à son angle nord-ouest un bâtiment constituant l’ancien logis noble. Celui-ci comporte encore quelques encadrements de portes et fenêtres. En revanche, la tour d’escalier à bretèche qui flanquait sa façade intérieure a disparu, ainsi que les communs qui fermaient la cour. Les fossés ont de même été comblés, et les bouches à feu que comportait la tour ronde ont été arrachées, conformément aux prescriptions de l’ingénieur Delalande en 1794. La seigneurie, de taille modeste, se composait presque exclusivement de deux métairies, appelées grande et petite métairies de Lavaupilière, et de champs d’une superficie totale d’environ 30 hectares en 1641, limités à un rayon de 200 mètres autour du château. Une rente sur Tesseau fut rattachée à la seigneurie au XVIIIe siècle.
La première mention connue d’un « monsieur de Voupilière » remonte à 1479. C’est Blaise Semin, écuyer, qui en est le premier seigneur nominativement connu, à partir de 1537. La seigneurie est à Gaspard Thibaudin, seigneur en partie du Mont, et capitaine de Sainte-Sévère, en 1627, puis à son fils Augustin, qui en rend hommage en 1630. Lavaupilière est ensuite divisé entre trois propriétaires : Gaspard de Vérines, seigneur de Saint-Martin ; Jacques de Brandon, seigneur de Goutières ; et Sylvain de Bridiers, seigneur du Mont. Saisie sur Jacques de Vérines, la seigneurie, rachetée par Léon Tixier, passe par sa fille à la famille de Villaines, et constitue la dot de Françoise Madeleine de Villaines lors de son mariage avec Claude de Montsaulnin, baron de Fontenay, en 1764. Elle demeure entre les mains de ce dernier jusqu’à la Révolution.

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Le château de Lavaubonneuil (seconde moitié du XVe siècle, peut-être avant pour une partie de l’enceinte), situé lui aussi dans la commune de Sazeray à environ 2 km du Mont, est encore relativement bien conservé. Il se compose de trois bâtiments en U organisés autour d’une cour carrée pavée dans laquelle se trouve un vaste puits. Le quatrième côté est fermé par un mur supportant une galerie, et où se trouvait à l’origine le châtelet d’entrée, comportant pont-levis et mâchicoulis. Les deux angles de la façade sud étaient anglés par une tour ronde dont la plus petite, celle de droite, a subsisté. La façade nord est flanquée en son centre par une tour ronde, et par deux demi tours insérées dans l’angle rentrant formé par la jonctions des corps de bâtiments. Le tout étant à l’origine entouré de fossés. Au delà s’étend une basse-cour fermée par les communs, et un jardin clos de murs. La seigneurie était importante, comportant plusieurs métairies, moulins et étangs, et surtout le droit de haute justice sur le centre de la paroisse de Sazeray, accordé vers 1470 par le seigneur de Sainte-Sévère à son vassal.
Louis de Bonneuil, damoiseau, seigneur de Lavau, est le premier seigneur connu, en 1374. La seigneurie entre dans la famille marchoise de Jarrye au XVe siècle, et Bernard de Jarrye en rend hommage à son seigneur féodal Jean II de Brosse, seigneur de Sainte-Sévère, en 1463. Lavaubonneuil passe ensuite à son fils Antoine de Jarrye, bailli d’Aunis, puis à Jean de Jarrye, vers 1525. C’est ensuite Gilbert de Jarrye, seigneur du Mont en partie, qui hérite de la seigneurie et la transmet à son fils François, laquelle passe à Jean II de Jarrye puis à Anne de Jarrye (dit d’Aubières), chevalier, baron de Cléravaux, décédé au milieu du XVIIe siècle. Le château et la seigneurie passèrent par héritage à la famille de la Rochebriand, puis, après la Révolution, à la famille Pignot.

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Le château de Cluseau de Sainte-Sévère, situé dans la commune de Sainte-Sévère, à environ 2,5 km au nord du Mont, semble pour sa partie la plus ancienne remonter au milieu du XVe siècle. Le château et la seigneurie dont il est le centre sont à la fin du XVe siècle aux mains de Mouthon II de Cluis, chevalier, seigneur de Briantes. A sa mort, entre 1506 et 1519, le fief passe à son fils Philippe, puis à ses petits-enfants, au nombre de six. La seigneurie resta indivise entre eux pendant 17 ans, avant qu’un partage attribue, en 1556, Briantes et le Cluseau de Sainte-Sévère à Philippe II de Cluis dit le jeune, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi. Chose assez rare pour l’indiquer, on conserve de lui un portrait réalisé par l’atelier de François Clouet, et conservé dans la collection de Catherine de Médicis au château de Chantilly (l’attribution de ce portrait comme étant celui de Pierre de Cluis, frère de Philippe II, ne semblant pas réellement fondée). Suite à une transaction, la seigneurie passe à Claude Bertrand, seigneur du Chassin, puis à son fils Jean, seigneur de Beaulieu. Le Cluseau est ensuite propriété de Claude II Bertrand, puis par mariage de Pierre de Montsaulnin, puis encore de Jean de Léry vers 1680. Le fief est enfin racheté par la famille Tixier, et passe avec de nombreux autres biens à la famille de Villaines, vers 1730. Le Cluseau constitua la propriété d’Anne-Marie de Villaines, par ailleurs dame du Mont et future baronne de Sainte-Sévère.
Le château du Cluseau de Sainte-Sévère est constitué de deux corps de logis en équerre reliés par une tour ronde d’escalier. L’un des deux bâtiments date du XVe, et conserve ses ouvertures étroites. L’autre est en revanche plus récent (XVIIIe ?) ou a été en tout cas très modifié. Les communs délimitent une cour, au delà de laquelle devaient se trouver les fossés déjà en partie comblés au début du XXe siècle. La seigneurie était assez conséquente, comportant plusieurs métairies (Villaines, Boutureau, Thuillier) et un certain nombre de rentes et impôts, dont le dîme de Belfat.

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On peut enfin signaler dans les environs, en matière de monuments anciens, plusieurs moulins (moulin Gras, moulin Vieux, moulin de Retord…) situés dans la commune de Vigoulant, et qui à ce titre se situaient non pas dans la seigneurie de Sainte-Sévère, mais dans celle de La Pérouse ; ainsi que le moulin de Pouzoult (commune de Sazeray) portant sur un linteau la date de 1764.
Dans un plus grand rayon, se trouvent les vestiges médiévaux de Sainte-Sévère (donjon, porte…) ; le château de Pouligny-Notre-Dame, ne conservant de sa disposition originelle que les fossés ; la Tour Gazeau, tour-résidence datant probablement de la première moitié du XVe siècle ; et au sud de la commune de Sazeray le château XVIIIe du Puy ; la tour de Tercillat (XVIe), dernier vestige du château des seigneurs du lieu ; et la chapelle Saint-Pierre (XIIIe siècle ?) située non loin de là dans le hameau de Saint-Paul.

lechateaudumont
11/04/05